Bilan 2008 de la DISP Marseille

Publié le par Administrateur_snepap-paca

          A la mi-février, le nouveau Directeur Inter-régional des Services Pénitentiaires de la région, Patrick MOUNAUD, présentait un bilan à la presse.

Nous reproduisons quelques éléments tirés d'articles parus dans LA PROVENCE  et LA MARSEILLAISE le 18 février 2009 :

LA PROVENCE - Denis TROSSERO : Evasions, suicides, la prison fait sa crise

  " La Direction interrégionale des services pénitentiaires de Marseille a dressé un bilan hier. 13 suicides dans la région PACA-CORSE en 2008, en déjà 2 depuis le 1er janvier, contre 12 en 2007 et 14 en 2006. Face à cela, nous menons une action de prévention au quotidien, explique Patrick MOUNAUD, Directeur Interrégional des services pénitentiaires.

20 à 25 % des détenus présentent des réels antécédents psychologiques. Une nouvelle unité psychiatrique devrait d'ailleurs ouvrir à Marseille, à l'hôpital Edouard-Toulouse, en 2010-2011.

La surpopulation stagne : les Baumettes affichent un taux de 140 %, Luynes de 119 %. Draguignan bat tous les records : 170 %.

A ce jour, 7443 personnes sont incarcérées dans la région et 621 sont placées sous bracelet électronique, un aménagement de peine qui gagne du terrain, aide à la réinsertion et fait baisser les chiffres de la récidive : 30 % de moins que lors d'une sortie "sèche".

       Face aux évasions - dernière en date dans la région, Grasse, juillet 2007 -, nos prisons ont été équipées de mâts et de filins anti-hélicoptères. Les Baumettes vont aussi être reconstruites. On va y bâtir un quartier mineurs pou les filles et Luynes aura droit à un quartier de semi-liberté..".


LA MARSELLAISE - David COQUILLE : les prochains défis de la pénitentiaire

Prison. Unité spéciale à Edouard-Toulouse, centrale d’Arles, reconstruction des Baumettes, suicides, etc.

« Le nombre de personnes écrouées continue de croître. On fait tout pour contenir cette croissance », indique, sans surprendre, le directeur interrégional des services pénitentiaires Paca-Corse qui rendait public hier les « chiffres-clés 2008 et perspectives 2009 » pour ses 16 prisons.
    Au 15 février, 8 063 personnes étaient « sous main de justice » dans la région. 5 479 condamnés purgeaient leur peine tandis que 1 963 détenus attendaient leur procès (25%) et 621 autres bénéficiaient du bracelet électronique. « On fait tout pour limiter ce chiffre », a assuré Patrick Mounaud, le nouveau directeur régional qui réitère son « engagement à proposer à tous les condamnés des aménagements de peine ». Les alternatives à l’emprisonnement connaissent un fort développement. 157 semi-libertés par exemple.


« Un suicide par mois »


    Reste que le nombre des suicides érigé en symbole du malaise pénitentiaire ne varie pas : 14 en 2006 pour la région, 12 en 2007, 13 en 2008. « On est malheureusement dans le même rythme d’un suicide par mois », déplore M. Mounaud qui fait observer que « 20 à 25% des entrants présentent des problèmes psychologiques avérés. L’incarcération peut avoir des effets qui renforcent la déstructuration chez certains ». Une unité spéciale de 80 détenus malades est à l’étude au sein de l’hôpital psychiatrique Edouard-Toulouse pour ouvrir en 2010-2011, annonce le directeur. « On assurera la sécurisation du secteur. Ce qui primera c’est la prise en charge médicale. »
    D’un côté, des textes législatifs ultra-répressifs, de l’autre une administration régalienne qui tente de juguler une surpopulation carcérale dont le taux culmine à 170% à Draguignan. Le plan de construction nationale projette d’atteindre 64 000 places en 2012 pour bien plus de détenus... 
    Les peines plancher ont drainé en des profils nouveaux. « C’est toute une frange de la population qu’on ne connaissait pas, des condamnés pour violences conjugales, pour conduite en état d’ivresse, etc. Pour eux la prison c’est un accident », constate le directeur. Des profils plus vulnérables, davantage exposés au racket et aux violences intra muros.
    La reconstruction des Baumettes claironnée en juillet dernier par Rachida Dati n’a pas commencé. « Nous sommes au lancement des études. Le calendrier sera tenu. Il faudra 6 ans pour mener cette reconstruction à terme », indique le directeur qui révèle qu’ « une partie sera reconstruite ailleurs » : une « extension » des Baumettes du côté de Luynes ! En attendant, 743 000 euros promis par Dati iront à la maintenance des Baumettes et au terrain de sport de la Valentine.
    Fermée depuis les inondations de décembre 2003, la centrale d’Arles (160 places) rouvrira en septembre prochain. Ce qui devrait renforcer la sécurité d’une partie des 110 « détenus particulièrement surveillés » de la région dont un noyau dur à Luynes. Un mât anti-hélicoptère y a d’ailleurs été érigé. Les chiens des douanes devraient encore être mis à contribution à la moindre suspicion d’entrée d’explosifs."



Publicité

Publié dans Actualité régionale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Une petite précision. L'article de La Marseillaise évoque 8063 personnes sous main de justice...Cette information mérite d'être corrigée puisque ce chiffre de désigne que les personnes écrouées (condamnés et prévenus incarcérés; personnes sous surveillance électronique; personnes faisant l'objet d'une mesure de placement extérieur ou de semi-liberté).Les "personnes sous main de justice" sont les personnes écrouées, mais aussi celles faisant l'objet d'une mesure restrictive de liberté. Il s'agit des mesures dites de "milieu ouvert", suivies par les Services Pénitentiaires d'Insertion et de Probation (SPIP) : contrôle judiciaire, sursis avec mise à l'épreuve, travail d'intérêt général, liberté conditionnelle, suivi socio-judiciaire, surveillance judiciaire etc...La trés grande majorité des personnes sous main de justice ne sont pas en prison. Si je n'ai pas les chiffres sous les yeux, en rapport avec les chiffres nationaux, il faut multiplier le nombre de 8 000 personnes par 3 voire 4 pour parler de personnes sous main de justice.Je me permettrai encore un commentaire, cette fois sur les propos tenus par le Directeur Interrégional. Je ne suis pas persuadé que "les peines planchers aient draînés des profils nouveaux", bien au contraire. Les publics frappés par ces peines planchers sont ceux, comme le stipule la loi, particulièrement concernés par la multirécidive...Ils sont donc connus, et archi connus par nos services. La question ne tient pas forcément aux profils, mais au fait qu'ils puissent se retrouver condamnés à une peine déconnectée de celle habituellement infligée pour l'infraction donnée...
Répondre