Salut à toi collègue,
Le SNEPAP PACA-CORSE fait part de son émotion suite à la disparition de notre collègue surveillant qui s'est donné la mort, dans la nuit de mercredi 8 avril au jeudi 9 avril, à la Maison d'Arrêt d'Aix en Provence – Luynes.
Ce jeune professionnel, âgé de 34, qui ne comptaient que quelques années de service au sein de l'Administration Pénitentiaire, a fait usage de l'arme de service disponible au Mirador auquel il était affecté.
Toutes nos pensées vont d'abord vers sa famille, vers ses proches. Nous pensons encore à ses collègues, particulièrement à ceux qui ont fait la terrible découverte, qui ont vécu les premières heures de cette journée difficile sur place; à tous ceux qui avaient l'honneur de le côtoyer chaque jour. Ce message s'adresse aussi à tous les personnels, tous corps confondus, qui évoluent dans cet établissement, très touchés par cette disparition, et les circonstances dans lesquelles elles sont intervenues.
Nous nous refusons à un quelconque amalgame entre ce drame et la situation que traverse nos prisons, à toute récupération de quelque ordre que ce soit.
Mais nous ne pouvons que constater que notre collègue a mis fin à ses jours sur son lieu de travail, avec une arme de service, à un poste sensible...
Si nous ignorons tout des motifs précis pour lesquels il est passé à l'acte, il n'y a rien d'anodin dans les circonstances de ce drame.
Nous ne pouvons dès lors que nous interroger sur les conditions de travail des personnels en établissement pénitentiaire : les missions de plus en plus importantes qui leurs sont confiées, sans mise en adéquation réelle des moyens; la tension grandissante qui se fait jour dans les établissements, avec des publics difficiles, dont certains n'ont pas leur place en prison; le manque de reconnaissance faite à ces personnels courageux et volontaires.
La prison est de plus en plus sous les feu de l'actualité, avec des critiques quasi quotidiennes, souvent justifiées...mais face au amalgames, aux mélanges des genres, beaucoup oublient que nombre de personnels, qui ne sont en rien responsables des conditions de travail qui leur sont imposées, des conditions de vie des détenus qu'ils subissent, prennent de plein fouet ces critiques, chaque jour, chaque heure, sur le terrain...
Notre administration est une administration où les désaccords murissent parfois, dans lesquels les intérêts peuvent s'affronter. Mais notre administration est une grande Administration qui sait se retrouver pour saluer les siens.
Alors nous nous associons à tous les corps de personnels, nous rejoignons toutes les organisations syndicales pour un « salut à toi collègue », comme on dit dans notre Provence; nous ne t'oublierons pas.